Alors que le décret d’application de l’article 125 (interdisant les néonicotinoïdes à partir de septembre 2018) de la loi 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversitéde n'a toujours pas été signé par le gouvernement en place, et qu'il ne sera certainement pas avant la fin du quinquennat, la Fédération Française des Apiculteurs Professionnels a décidé d'interpeller l'ensemble des candidat-e-s à l'élection présidentielle au sujet de cette interdiction.

Il y a aujourd'hui urgence à interdire ces insecticides tueur d'abeilles et nous attendons des actes de la part des responsables politiques de ce pays. Nous publierons évidemment les réponses des candidat-e-s au fur et à mesure de leur réception.

Vous pouvez lire le courrier que nous venons de leur adresser ci-dessous.

Madame, Monsieur,

Depuis les années 50, et ce de façon récurrente, les abeilles sont confrontées à des vagues de pollutions d’origine agricole dont les effets et l’ampleur changent en fonction des pesticides à la mode.

La dernière vague en date, sévit depuis les années 90, avec l’introduction des insecticides de la famille des néonicotinoïdes.

Il existe désormais un consensus parmi les experts et les décideurs pour dire que ces pesticides sont préjudiciables à l’environnement et nocifs aux abeilles, tant domestiques que sauvages.

Dans le même temps, force est de constater que l’apiculture est mal-en-point_: la production nationale de miel est réduite de 65_%_; les pertes annuelles des cheptels se chiffrent aux alentours de 30_%.

Si dans le passé les apiculteurs ont obtenu des mesures partielles d’atténuation des risques des néonicotinoïdes, ce n’est que récemment que des dispositions plus conséquentes ont été annoncées par les pouvoirs publics_:

La loi biodiversité votée en juin 2016, prévoit l’interdiction des néonicotinoïdes dès septembre 2018 (sous réserve de certaines dérogations pouvant être accordées jusqu’à juillet 2020)

Au niveau européen, et afin de remédier aux insuffisances manifestes des outils d’évaluation des risques des pesticides, la Commission tente depuis 3 ans d’obtenir une majorité qualifiée parmi les Etats membres pour imposer à l’U.E. de nouvelles «_Lignes directrices sur l’évaluation des risques des pesticides pour les abeilles_», telles que développées par l’Agence européenne (AESA)

Vous vous êtes porté-e candidat-e à l’élection présidentielle 2017.

Les adhérents de notre syndicat d’apiculteurs professionnels souhaitent connaître votre position en matière de protection des abeilles vis-à-vis de l’intoxication par des pesticides agricoles.

C’est pourquoi, compte tenu de nos propos ci-dessus, nous avons l’honneur de vous poser ces deux questions_:

Estimez-vous que le décret d’application de l’article 125 de la loi 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, doit être signé sans plus attendre_?

Soutenez-vous la tentative de la Commission de faire évaluer de manière plus pertinente et plus complète, sur la base du rapport scientifique de l’AESA, les risques pour les abeilles des pesticides_? Si oui, pensez-vous que la France doit ouvertement participer d’une démarche de conviction des États membres récalcitrants, tant sollicités par le lobby des agrochimistes_?

Vous remerciant de la réponse que vous voudrez bien nous réserver, nous vous demandons d’accepter, Madame, Monsieur l’assurance de nos salutations distinguées

 

Philippe Vermandère,

référent Néonicotinoïdes

à la Fédération Française des Apiculteurs Professionnels