Suite à notre interpellation des candidat·e·s à l’élection présidentielle nous publions leurs réponses par ordre de réception. Nous n’avons pas modifié une virgule des réponses bien entendu. Il nous manque encore beaucoup de réponses et certaines ne sont clairement pas satisfaisantes. Quelque que soit le candidat-e élu-e nous ne désarmerons pas pour obtenir l'interdiction des pesticides tueurs d'abeilles.

François Fillon (Les Républicains)

Cher Monsieur,

La préservation de la biodiversité est au coeur des engagement de François Fillon. A ce titre, la recherche concernant des produits respectueux de la nature doit être approfondie et surtout poursuive.

Bien à vous

Equipe de campagne de François Fillon


Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière)

Philippe Vermandère, référent Néonicotinoïdes à la Fédération Française des Apiculteurs Professionnels

Pantin le 17 mars 2017

Sur l'interdiction des néonicotinoïdes

Un consensus se dégage dans le monde scientifique pour mettre en garde contre les méfaits pour la santé humaine des pesticides et de leurs résidus, dont une agriculture soumise à la loi du profit fait pourtant un usage intensif.

Que les abeilles s'en trouvent victimes n'est pas étonnant quand les néonicotinoïdes visent directement le système nerveux des insectes, sans qu'il soit possible pour ces molécules de faire la distinction entre insectes nuisibles aux récoltes et ceux qui, telles les abeilles, en participant à la pollinisation, contribuent aussi aux rendements élevés des cultures.

Les colonies d'abeilles, devenues des outils de l'agriculture capitaliste moderne, font l'objet d'un marché international, et présentent peut-être déjà, en raison des sélections opérées, un appauvrissement génétique. De fait, ceci atténuerait leurs capacités à coexister avec tout ce que l'évolution naturelle continue de secréter comme virus, champignons microscopiques, acariens et autres. De la même façon que les cultivars, clones végétaux cultivés dans le but de "fixer génétiquement" les qualités de certaines plantes (pour les variétés de fruits par exemple), ont pour corollaire un usage croissant de fongicides et autres pesticides, car l'évolution ne s'arrête pas et continue de fabriquer de nouveaux champignons, insectes, virus, vers, etc... pour lesquels ces plantes sont des cibles tout désignées. Pour les abeilles, les insecticides néonicotinoïdes constituent donc un des éléments supplémentaires qui participent à la fragilité de survie des colonies.

Il ne s'agit pas de rejeter le progrès scientifique et la connaissance des lois de la nature, qui sont des acquis considérables. Le problème est que les rapports de l'homme à la nature aujourd'hui sont, comme les rapports entre être humains, d'abord gouvernés par la loi aveugle du marché capitaliste. La course au profit a bouleversé depuis longtemps l'agriculture, la vie des travailleurs des champs, ruiné bien des écosystèmes, détruit bien des biotopes et menacé la survie de bien des espèces, y compris celles que l'homme avait depuis l'Antiquité appris à côtoyer, dont les abeilles.

En tant que communistes, nous considérons la planète Terre comme un héritage que nous partageons avec le reste du monde vivant, nous devons contribuer à l'entretenir comme un jardin, y trouver les ressources pour notre nourriture et notre bien-être tout en en préservant le renouvellement, et donc la biodiversité.

Les néonicotinoïdes, en polluant le sol de résidus durables, dont on mesure mal l'impact à long terme, y compris sur les êtres humains, sont l'illustration d'une menace plus large : celle de puissants lobbys de l'agrobusiness que vous évoquez, agents d'une économie à courte vue, pour qui c'est "le profit avant tout... et après nous le déluge", quitte à ce que leurs intérêts mènent l'économie mondiale au bord du gouffre.

Préserver durablement la biodiversité nécessitera qu'une autre forme d'économie s'impose, maîtrisée par les travailleurs et l'ensemble de la population, orientée vers la satisfaction des besoins humains, au nombre desquels figure l'entretien des ressources naturelles.

Dans cette perspective, nous sommes évidemment favorables aux dispositions législatives limitant tant que faire se peut les atteintes inutiles à la biodiversité. Et oui, la recherche doit évidemment pouvoir continuer afin de E cerner les risques encourus dans l'usage des néonicotinoïdes, pour les abeilles... et pour nous-mêmes.

Bien cordialement,

Nathalie Arthaud


Philippe Poutou (NPA)


Philippe Poutou, candidat du NPA, est entièrement d'accord avec les deux propositions que vous soumettez à l'ensemble des candidats :


1 ) Exiger que le décret d’application de l’article 125 de la loi 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité soit signé sans plus attendre.


2) Soutenir la tentative de la Commission de faire évaluer de manière plus pertinente et plus complète, sur la base du rapport scientifique de l’AESA, les risques pour les abeilles des pesticides. Et donc convaincre par la mobilisation populaires les États membres récalcitrants, trop sollicités par le lobby des agrochimistes.
Nous restons à votre disposition pour toute autre question.


Cordialement


L'équipe de campagne de Philippe Poutou


 Emmanuel Macron (En Marche!)

Bonjour,

Merci de votre message ! Tout d'abord, excusez-nous pour notre temps de réponse. En effet, nous enregistrons un gros délai de traitement dû aux très nombreux messages que nous recevons. Nous vous remercions de votre mail qui a fait l’objet de toute notre attention, et soulève des sujets très intéressants.

Emmanuel Macron ne reviendra pas sur les objectifs de 2020 de François Hollande qui prévoient l'interdiction des néonicotinoïdes. Ainsi, cet objectif reste effectif.

Je vous souhaite une bonne journée,


Solène, pour l'équipe d'En Marche !