Pollen GM dans le miel

, par  FFAP

Inf’OGM a proposé à la FFAP , UNAF et Conf , un débat contradictoire sur nos positions . Voici donc notre proposition :

1) Que pensez-vous de la proposition de la Commission européenne de modifier la directive "miel" pour que le pollen soit considéré comme un constituant et non un ingrédient du miel ?

Pour la FFAP, le pollen est un constituant naturel du miel, ce qui était admis par tous jusqu’à l’affaire Bablock.
Les arguments en faveur du "pollen ingrédient" ne nous semblent pas pertinents.

  • plus de transparence pour le consommateur, c’est à dire obligation d’analyses et d’étiquetage. Se posent les questions du coût élevé des analyses, et de leur faible fiabilité pour l’instant.
    C’est aussi en contradiction avec le classement du miel comme produit agricole primaire, donc mono-ingrédient.
  • inciter les pouvoirs publics à prendre les mesures nécessaires pour protéger les productions apicoles :
    Quand on connaît les multiples formes de dispersion des pollens, les pouvoirs publics seraient-ils en capacité de prendre des mesures tellement strictes que jamais l’abeille ne serait en contact avec des cultures GM, et ce sur tout le territoire  ?
    Poser la question revient à reconnaître de facto que la co-existence est impossible. Pour démontrer cette impossibilité, est-on obligé de se servir du produit "miel", en voulant imposer de coûteuses contraintes aux producteurs ?
  • Enfin, définir le pollen comme un ingrédient du miel, ce pourrait être la porte ouverte à de possibles manipulations du produit.

Une position médiane défend que le pollen est bien un constituant naturel du miel, mais que celui issu de cultures GM serait lui, un ingrédient.

Outre que cela ne change rien à la nécessité d’analyses, valider le fait que le miel pourrait contenir un ingrédient, c’est dire implicitement que le miel est un produit fabriqué par l’apiculteur, engageant ainsi sa responsabilité. Or s’il y a "introduction" de pollens GM, elle est subie par l’apiculteur, il n’a aucun moyen pour la maîtriser !

Le pollen GM n’est ni un constituant, ni un ingrédient, c’est un corps étranger polluant !

Discuter du "statut" du pollen GM, c’est déjà l’accepter dans le miel et donc dans nos champs et dans nos assiettes.

S’embarquer dans un débat hasardeux autour de la définition du miel ne résoudra rien quant à la question de fond : la co- existence est-elle possible entre productions apicoles et cultures GM ?

2) Quelles sont les conséquences (économiques, politiques, sociales) d’une telle modification ?

dans ce débat, aucune des options discutées ne nous semblent suffisantes pour répondre aux points suivants :

  • protection du produit miel : garantir son intégrité
  • protection des producteurs : faire reconnaître leur droit à produire sans OGM, et à préserver leur cheptel
  • protection des consommateurs : droit à consommer réellement sans OGM (0%)

Il semblerait plus judicieux de nous interroger sur les conséquences d’une généralisation des cultures GM. Si celle-ci advenait, il n’est pas certain que notre filière en sorte indemne, que le miel soit étiqueté ou non.

3) Est-ce que la présence de pollen GM dans le miel est problématique ? Si oui, que proposez- vous pour éviter la présence de pollen GM dans le miel ?

Du pollen GM dans le miel signifie de fait une contamination de toute la colonie : peut-on affirmer aujourd’hui que cela serait sans conséquences pour l’abeille ? Nous refusons que nos colonies soient exposées à pareils risques. Seule solution : l’interdiction de cultures GM en plein champ, sur tout le territoire.

par principe et par conviction :

  • nous sommes opposés aux cultures GM.
  • plus généralement, nous sommes opposés à la manipulation et au brevetage du vivant.

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